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Historique du "Château du Couvent"
C'est l'ensemble architectural le
plus ancien du domaine: le Prieuré de Villarceaux est nommé dans une
donation de Pépin le Bref à l'abbaye de Saint-Denis en septembre 768,
même si quelques historiens avancent que ce monastère bénédictin
n'aurait été fondé seulement qu'en 1160 par le roi Louis VII, sous le
vocable de Sainte Marie-Madeleine et sous la dépendance de l'Abbaye de
Saint-Cyr. À la fin du XIIe siècle, Philippe Auguste confirme les droits
que son père avait accordés aux religieuses de cet établissement et le
monastère bénéficie de revenus d'impôts et des libéralités des seigneurs
du voisinage.
En devenant une maison ouverte accueillant pensionnaires
et visiteurs, le Prieuré s'éloigne de sa vocation spirituelle. Au XIIIe
siècle l'archevêque de Rouen doit même intervenir à plusieurs reprises
auprès des Bénédictines pour les rappeler à la stricte observation de la
Règle de Saint-Benoît et ses registres de visites nous tracent un
tableau peu édifiant de la vie monastique à Villarceaux. Durant la
Guerre de Cent Ans, le Vexin souffre des invasions anglaises, le Couvent
est brûlé en 1423 et les religieuses se réfugient à Saint-Cyr. En 1524,
l'Église Conventuelle rétablie, Guillaume Pillavoine, seigneur de
Villarceaux, fait remettre le Prieuré en état, mais en 1548, la prieure
épouse la religion réformée et se met sous la protection de Jacques de
Mornay. En se détachant de Saint-Cyr et en acquérant peu à peu son
indépendance, le Prieuré retrouve la règle conventuelle.
La Révolution
trouble le calme monastique : à la suite de la nationalisation des biens
de l'église et de la constitution civile du clergé, la Convention
ordonne la vente des boiseries et la récupération des métaux que l'on
destine à la fonte des canons. Décrétés biens nationaux, les bâtiments
et les terres de la communauté religieuse de Villarceaux sont alors
achetés par le conventionnel Joseph Lakanal. Les religieuses qui restent
sur place et continuent à jouir de leur domaine comme sous l'Ancien
Régime doivent cependant abandonner l'habit monastique.
En octobre 1797,
à la suite d'un différend entre Lakanal et le Directoire, les
religieuses s'installent à Omerville, reviennent quelque temps à
Villarceaux sous l'Empire, puis s'installent définitivement à Mantes en
1819. Quant à Lakanal, il fait détruire les bâtiments désormais
inutiles du Prieuré, la chapelle et les bâtiments d'exploitation
agricole. Il ne conserve que le corps principal du logis et il réside à
Villarceaux jusqu'aux derniers mois de l'Empire. En novembre 1814, avant
de quitter la France pour les États-Unis, il vend son domaine au
financier Daumy, qui réaménage le Château du Couvent et lui donne son
aspect actuel.
(source: Le Golf de Villarceaux
1971-2001, G. Jeanneau)
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